Un plan de transport plus sobre compare des organisations complètes, avec leurs horaires, leur remplissage et leurs trajets résiduels. Le mode annoncé ne suffit pas : un rendez-vous difficile d’accès, un retour à vide ou une livraison séparée peut changer l’intérêt d’une proposition.
Préparez les flux de personnes et de matériel, puis examinez plusieurs scénarios qui rendent le même service. Le livrable est un tableau porte à porte, ses hypothèses et les conditions où la décision reste valable. Une baisse de kilomètres ne constitue pas à elle seule un calcul d’émissions ni une garantie de faisabilité.
Recenser les déplacements réels du projet

Séparez repérages, arrivées, trajets quotidiens, livraisons et retours. Pour chacun, notez origine, destination, personnes, matériel, fréquence et contrainte horaire. Une distance entre deux lieux peut être parcourue plusieurs fois ; une livraison peut mobiliser un véhicule distinct de celui des personnes.
Dans notre exemple fictif, une équipe rejoint le même lieu pendant trois jours. Une partie du matériel arrive séparément. Le dernier jour, des accessoires repartent vers un stock. Si le tableau ne contient que les trajets du matin des techniciens, il ne décrit pas l’organisation complète.
Utilisez des informations nécessaires à la logistique sans faire circuler les détails privés inutiles. Une contrainte d’accessibilité peut demander une adaptation ; sa justification personnelle n’a pas à figurer dans tous les documents d’équipe. Le diagnostic environnemental conserve les données et hypothèses utiles à la comparaison.
Construire des scénarios qui rendent le même service

Gardez mêmes lieux, présences et besoins pour comparer les organisations. Dans notre exercice fictif, quatre voitures parcourent chacune soixante kilomètres par jour pendant trois jours : cela représente 720 véhicules-kilomètres. Une autre organisation prévoit deux navettes de quatre-vingts kilomètres par jour sur les mêmes trois jours, puis quarante kilomètres résiduels au total : 520 véhicules-kilomètres.
Ces chiffres servent à vérifier un inventaire, pas à conclure directement au gain carbone. Les véhicules, remplissages et facteurs compatibles demandent encore leur méthode. Vous devez aussi vérifier que les navettes transportent les personnes et les volumes prévus aux bonnes heures.
| Scénario | Éléments à inclure | Condition à confirmer |
|---|---|---|
| Véhicules séparés | Tous les trajets et stationnements | Nombre réel de véhicules |
| Navettes | Rendez-vous, trajets à vide, exceptions | Accessibilité et horaires |
| Train avec transfert | Approche, dernier kilomètre et matériel | Correspondance avec la journée |
Vérifier temps, coût complet et conditions de travail

Examinez la chaîne depuis le départ jusqu’au lieu de travail. Un trajet ferroviaire peut demander un transfert, une attente ou un hébergement. Une navette peut réduire le nombre de véhicules tout en rallongeant la journée de certaines personnes. Le repos et les conditions applicables doivent être traités par la production.
La fiche logistique d’Ecoprod souligne notamment l’importance d’anticiper les chargements et de coordonner les courses. Transposez ces pistes au projet réel plutôt que supposer qu’un regroupement sera toujours réalisable.
Comparez locations, transferts, conduite, stationnement, manutention et éventuelles nuitées à partir des devis disponibles. Distinguez une économie confirmée d’une hypothèse. Si le regroupement du matériel demande un véhicule supplémentaire, ajoutez-le au scénario au lieu de le laisser hors tableau.
Préparer la communication et les solutions de repli

Le plan retenu doit devenir une information utilisable par chaque personne : rendez-vous, horaire, matériel concerné, contact et procédure si le trajet prévu devient impossible. Une note courte peut suffire ; elle ne remplace pas les vérifications de faisabilité.
Faites confirmer les exceptions et les derniers kilomètres. Pour notre exemple, une personne termine plus tard que le groupe. La solution doit exister avant la dernière navette : autre créneau, organisation différente ou trajet prévu. Une exception reconnue dans le plan est préférable à une urgence découverte sur le parking.
Gardez le lien avec le planning. Si un lieu change ou qu’une nuit est ajoutée, reprenez le tableau. Le nombre de places théorique d’un véhicule ne démontre pas la capacité avec les bagages et le matériel réellement transportés. Faites valider la configuration et les conditions de chargement appropriées.
Éprouver le scénario avec une journée modifiée

Pour l’exercice, préparez deux organisations sur les mêmes besoins et le même calendrier, puis modifiez un élément : fin retardée, personne absente ou volume de matériel supplémentaire. Examinez quelles hypothèses deviennent fausses et qui doit prendre la décision de repli.
Faites relire le plan à une personne qui joue la régie et à une autre qui doit simplement suivre son trajet. La première doit retrouver les flux ; la seconde doit comprendre ce qu’elle fait sans lire tout le calcul. Notez les ambiguïtés et corrigez la feuille de route.
Votre remise comprend flux, scénarios, quantités, coûts documentés et conditions de validité. La formation L’éco-production audiovisuelle développe ce travail. Le guide pour intégrer l’écoproduction au budget permet de rendre visibles les tâches de coordination et les conséquences qui accompagnent le choix logistique.


