Image

24, 25, 30, 50 ou 60 images/s : choisir sa cadence de tournage

Choisissez une cadence compatible avec votre diffusion, vos ralentis et la lumière du lieu.

Choisissez votre cadence en fonction du film à livrer, des mouvements à montrer et des conditions de tournage. 24 images/s n’est pas une garantie de cinéma, 30 images/s n’est pas une obligation du Web, et 50 ou 60 images/s ne créent un ralenti que si leur lecture est organisée pour cela.

Avant de régler la caméra, distinguez la cadence de captation, celle de la timeline et celle de diffusion. Elles peuvent être identiques ou remplir des fonctions différentes. Cette distinction vous évitera un mouvement irrégulier, un ralenti imprévu ou une conversion difficile au moment de terminer le projet.

Partir du fichier ou de la projection à livrer

Deux personnes choisissent les réglages d’une interview.

Si une chaîne, un festival, une installation ou un client impose une cadence, examinez cette contrainte avant le tournage. Votre film peut être très bien cadré et pourtant demander une conversion si le master ne correspond pas à la livraison. Demandez la valeur exacte, pas seulement « une vidéo standard ».

24 et 23,976 ne sont pas identiques ; 30 et 29,97 non plus. Les valeurs disponibles dépendent des modes et des appareils. Notez celle qui est réellement enregistrée et transmise à la postproduction. Lorsque plusieurs caméras filment ensemble, vérifiez également leur synchronisation et leur durée de prise.

Pour une diffusion libre en ligne, choisissez une base cohérente avec votre projet et gardez-la pendant le montage. Une cadence plus élevée peut montrer davantage de phases du mouvement, mais elle n’améliore pas automatiquement le jeu, le montage ou l’éclairage. Le choix doit vous aider à produire le film voulu, pas seulement afficher un nombre plus grand.

Séparer cadence de tournage et vitesse de lecture

Une monteuse examine un mouvement et ses réglages de lecture.

À vitesse normale, un plan filmé et lu à 25 images/s montre une seconde d’action en une seconde. Si vous filmez 50 images de cette action puis les lisez toutes à 25 images/s, cette seconde s’étend sur deux secondes. Le ralenti vient ici de la différence entre captation et lecture.

Placer un fichier à 50 images/s dans une timeline à 25 ne signifie pas toujours que le logiciel adopte cette lecture ralentie. Selon l’interprétation choisie, il peut conserver la durée originale et adapter les images. Vous devez décider si vous voulez une action en temps réel ou un ralenti, puis contrôler le résultat.

Prévoyez également le son. Une captation destinée à un ralenti ne remplace pas automatiquement une prise synchrone exploitable à vitesse normale. Si une réplique doit rester naturelle, organisez cette prise à part ou gardez un parcours de lecture adapté. Un ralenti prévu avant le tournage est plus simple à intégrer qu’une intention découverte à l’export.

Relier la cadence au temps d’exposition

Une technicienne examine l’obturateur d’un appareil reflex.

La cadence indique combien d’images sont enregistrées ; le temps d’exposition indique combien de temps chacune reçoit de la lumière. Les deux réglages participent à l’apparence du mouvement, mais ne désignent pas la même chose. Un temps bref peut rendre chaque position plus nette ; un temps long augmente le flou de mouvement.

Lorsque la caméra utilise un angle d’obturation, la relation est : temps d’exposition = angle ÷ (360 × cadence). À 25 images/s avec 180°, on obtient 1/50 s. À 50 images/s avec le même angle, on obtient 1/100 s. Le document technique ARRI sur l’obturation explique cette relation.

L’angle de 180° constitue un repère fréquent, pas une obligation esthétique. Changer l’obturation peut aussi modifier l’exposition et l’interaction avec certaines lumières. Faites votre choix avec un mouvement représentatif : une personne qui marche, un geste de main ou un panoramique, plutôt qu’un décor parfaitement immobile.

MAÎTRISER SA CAMÉRA

Comprenez les réglages de votre caméra pour choisir une image adaptée à votre scène.

Découvrir la formation

Tester le scintillement dans un environnement à 50 Hz

Une équipe installe un travelling dans un décor intérieur.

Dans un environnement électrique à 50 Hz, des couples comme 25 images/s et 1/50 s, ou 50 images/s et 1/100 s, peuvent constituer des points de départ utiles selon les sources. Ils ne garantissent pas l’absence de scintillement avec toutes les LED, tous les variateurs et tous les écrans.

Une enseigne, un projecteur à modulation et un écran filmé peuvent présenter des comportements différents dans le même plan. Testez les sources au niveau de variation réellement prévu, avec les mouvements et la caméra du tournage. Une lumière stable à pleine puissance peut réagir autrement après réglage.

Regardez le fichier enregistré, et pas seulement une petite image de contrôle. Cherchez des bandes, une pulsation ou une variation de couleur sur plusieurs secondes. Si vous modifiez l’obturation pour réduire un défaut, contrôlez aussi le mouvement et l’exposition. La meilleure valeur est celle qui répond à votre situation vérifiée, pas une recette liée uniquement au pays de tournage.

Anticiper les contraintes des modes à haute cadence

Une créatrice prépare une prise de vue extérieure sur trépied.

Une caméra ne conserve pas toujours les mêmes possibilités à toutes les cadences. Un mode plus rapide peut changer le recadrage du capteur, la définition, le codec, l’autofocus ou les durées disponibles. Consultez la notice du modèle et vérifiez le réglage exact avant de bâtir votre plan de travail.

Pensez aussi à la lumière, au stockage et à la postproduction. Avec un angle d’obturation conservé, augmenter la cadence réduit le temps d’exposition de chaque image. Un mode ralenti doit donc être préparé comme un choix de prise de vues complet, pas comme une simple vitesse à sélectionner au dernier moment.

Pour plusieurs livraisons, faites une courte chaîne complète : captation, importation, lecture dans la timeline et export. Vous verrez si le mouvement se conserve comme prévu et si votre logiciel interprète les fichiers correctement. N’attendez pas la fin du tournage pour découvrir qu’une séquence censée rester synchrone a été enregistrée dans un mode différent.

Comparer une action en temps réel et au ralenti

Une personne filme un geste avec la caméra native d’un téléphone.

Filmez un même geste court en 25 puis en 50 images/s si votre caméra propose ces modes. Pour isoler la cadence lors d’une première comparaison, gardez un temps d’exposition compatible commun lorsque c’est possible et notez-le. Faites ensuite un essai avec l’obturation que vous envisagez réellement au tournage.

Dans une timeline à 25 images/s, comparez trois lectures : le plan tourné à 25 en temps réel, celui tourné à 50 en temps réel, puis ce dernier interprété pour lire ses images à 25. Vérifiez leur durée et le mouvement, sans supposer que le logiciel a choisi votre intention.

Exportez quelques secondes contenant aussi la lumière du lieu. Notez la cadence captée, la cadence lue et l’obturation. L’exercice est réussi si vous pouvez expliquer pourquoi une version dure plus longtemps et choisir celle qui sert votre scène, tout en identifiant une éventuelle contrainte de scintillement ou de livraison.

Pour aller plus loin.

Trois formations pour approfondir votre pratique.

Apprenez à réaliser vos films.

+40 formations en ligne pour écrire, tourner, monter et diffuser vos films. Des cours illustrés, des exercices et des ressources pour progresser à votre rythme.

Découvrir L’INDUSTRIE