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Les réglages caméra à comprendre avant de tourner

Exposition, ouverture, ISO, shutter, balance des blancs, focales et profondeur de champ : les bases pour reprendre le contrôle de l'image.

Le mode automatique décide à votre place, et il décide mal : il ouvre le diaphragme quand vous vouliez du flou, monte les ISO quand vous vouliez une nuit sombre, fait flotter l’exposition dès qu’un nuage passe. La caméra n’est qu’un outil, l’important reste ce que vous racontez, mais encore faut-il le contrôler. Tout repose sur une poignée de réglages liés entre eux, organisés autour du triangle d’exposition. Une fois ce système en main, vous cessez de subir votre matériel et vous obtenez l’image que vous aviez en tête, plan après plan, en sachant que chaque plan est une unité d’information.

Comprendre l'exposition

Trois réglages contrôlent la lumière qui atteint le capteur, et ils forment le triangle d’exposition : l’ouverture, la vitesse d’obturation et l’ISO. Ils sont solidaires : fermez le diaphragme d’un cran et l’image s’assombrit, vous compensez en montant l’ISO ou en ralentissant l’obturateur. Mais l’ISO n’ajoute pas de vraie lumière, il amplifie le signal et génère du bruit. La règle est donc de viser l’ISO le plus bas possible, autour de 100 à 400, et de connaître l’ISO natif de votre caméra, le plus élevé que vous puissiez utiliser sans bruit ajouté. On fige d’abord l’obturateur et l’ISO, puis on règle l’exposition avec l’ouverture et la lumière.

Choisir l'ouverture avec intention

L’ouverture s’écrit en f, et c’est une fraction de la focale : petit nombre, grande ouverture, beaucoup de lumière et peu de profondeur de champ. L’échelle progresse par stops qui doublent ou divisent la lumière, de f/1.4 à f/22. Mais l’ouverture sculpte surtout la profondeur de champ, qui dépend de trois facteurs : l’ouverture, la distance caméra-sujet et la focale. À grande ouverture, l’arrière-plan fond et l’œil va au visage, mais la mise au point ne pardonne plus. Pensez aussi vos focales en système : un 50 mm est proche de la vision humaine, et garder une logique d’optiques cohérente sur tout un film fait partie de votre signature.

Maîtriser le shutter

La vitesse d’obturation décide du rendu du mouvement, et la règle d’or du cinéma tient en un chiffre : à 25 images par seconde, on filme au 1/50e, soit le double de la cadence. C’est ce qui donne le flou de mouvement naturel auquel l’œil est habitué, et on garde ce réglage en toutes circonstances, sauf ralenti. Au-delà, vers le 1/250e, les mouvements deviennent secs et nerveux ; en dessous, tout devient flou. Choisissez votre cadence selon la destination, 24 pour le cinéma, 25 pour la vidéo en France, 30 pour le reportage. Pour un ralenti propre, multipliez à la fois la cadence et l’obturateur : 100 images par seconde se filment au 1/200e.

Caler la balance des blancs

La balance des blancs se règle en kelvins, et le blanc pur correspond à la lumière de midi, autour de 5500 K. Sur la caméra, le réglage agit à l’envers de l’intuition : pour obtenir une image plus froide et bleutée, descendez la valeur, pour une image plus chaude et orangée, montez-la. Surtout, abandonnez l’automatique, qui fait dériver la teinte d’un plan à l’autre et rend les raccords impossibles : réglez une valeur fixe et tenez-la sur toute la scène, quitte à la décaler volontairement pour un parti pris. La méthode manuelle la plus fiable consiste à cadrer une surface blanche dans la lumière de la scène, puis à valider la balance.

Utiliser les aides caméra

Ne jugez jamais l’exposition à l’écran, dont la luminosité vous trompe : servez-vous des outils de mesure. Le zebra hachure les zones surexposées, à caler sur la peau ou sur le seuil de brûlure ; le focus peaking souligne les contours nets et sécurise votre point, surtout à grande ouverture. Pensez aussi votre format d’enregistrement comme un réglage à part entière : filmer en log ou en RAW préserve une large latitude pour l’étalonnage et vous laisse rattraper en postproduction ce qui se joue à la prise. Ces aides remplacent l’à-peu-près par une vérification, image par image.

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Elliot Huescar est réalisateur et fondateur de L’INDUSTRIE. Il a formé plusieurs milliers de cinéastes à l’écriture, la réalisation, la production, l’image, le son, la postproduction et la distribution.