Un conducteur de régie relie un moment du programme, un repère observable, une action et une personne responsable. Il permet à plusieurs postes de préparer la même suite, même lorsque l’événement ne respecte pas exactement son horaire annoncé.
Vous allez construire quelques lignes de conduite puis simuler un retard. La formation L’Événementiel audiovisuel développe cette préparation. Le guide sur les documents de préproduction aide à distinguer le conducteur des autres supports d’organisation.
Distinguer le programme et les actions de régie

Le programme peut annoncer accueil, film, présentation et intervention. Il informe le public du déroulement. La régie a besoin d’autres précisions : quelle source préparer, quel son ouvrir, quel titre afficher, quel repère donne le lancement et comment revenir ensuite.
Un découpage exprime une intention visuelle, par exemple identifier la personne qui parle ou montrer son objet. La conduite associe cette intention à des actions réalisables. Écrire seulement une heure et un nom de séquence laisse trop de décisions implicites.
Dans notre cas fictif, une matinée commence par un accueil, une vidéo et la présentation d’une invitée. Si le film part à l’heure prévue alors que l’accueil continue, tous les appareils peuvent fonctionner et la réalisation échouer malgré tout. Il manque un repère commun.
Gardez les documents cohérents mais ne les surchargez pas tous avec le même détail. Le programme public n’a pas besoin du nom du fichier de secours ; le conducteur d’exploitation, lui, doit permettre de retrouver la source et l’action préparées.
Écrire des repères que l’équipe peut reconnaître

Le repère est ce qui permet de donner un top : une phrase, un geste convenu, la fin d’un média ou une confirmation de plateau. Le top est l’ordre de déclencher l’action. L’heure reste utile pour anticiper, mais elle ne remplace pas ce circuit.
Pour la vidéo fictive, le repère pourrait être une phrase de l’animatrice convenue pendant la répétition. Le responsable vérifie d’abord que le média est prêt, puis donne le lancement. Une phrase supprimée du texte de présentation doit entraîner une mise à jour de la conduite.
Choisissez des noms stables : CAMÉRA LARGE, INVITÉE, PRÉSENTATION ou FILM ACCUEIL, selon votre dispositif. Les mêmes noms doivent être compris dans les notes, les commandes et les échanges d’équipe. Trois appellations pour une même source créent des erreurs de préparation.
Précisez aussi les sorties. Un titre doit entrer au moment utile et être retiré selon un repère attribué. Une action sans fin prévue peut laisser à l’écran un nom qui ne correspond plus à la personne suivante.
Préparer une ligne complète et son horaire indicatif

Pour chaque séquence, indiquez durée, repère, image, son, graphisme, responsable et repli. La présentation peut rester très courte pendant l’exploitation si les mots ont été définis en préparation.
Voici un exercice fictif :
| Séquence | Début théorique | Durée | Repère de passage |
|---|---|---|---|
| Accueil | 10 h 00 | 1 min 30 | Dernière phrase convenue, puis top |
| Film | 10 h 01 min 30 | 30 s | Fin du média contrôlée |
| Présentation | 10 h 02 | 1 min | Nom terminé et cadre prêt |
| Intervention | 10 h 03 | 8 min | Confirmation de fin ou conduite adaptée |
La fin théorique se situe à 10 h 11. Si l’accueil prend trente secondes supplémentaires, les frontières suivantes se décalent d’autant dans cette hypothèse, sauf décision explicite de modifier une autre durée.
Ne faites pas de l’image le seul déclencheur du son. Une personne peut continuer à parler hors champ. Décrivez la logique audio avec son responsable plutôt que de supposer qu’une coupe caméra règle tous les chemins.
Répéter les dépendances et les replis

Faites lire la conduite à plusieurs personnes : l’une joue le déroulement, l’autre annonce les actions, une troisième cherche les inconnues. Au lancement du film, qui confirme le bon fichier, son départ et sa fin ? Qui prépare l’image de reprise ?
Pour chaque moment important, définissez une alternative adaptée. Si le plan serré manque, un large peut conserver la continuité visuelle. Il ne restaure pas automatiquement une démonstration qu’on ne distingue pas ni un son absent. Le repli doit préciser ce qu’il conserve et ce qu’il perd.
Une répétition sur papier vérifie les responsabilités et les calculs, pas les temps réels de lecture d’un appareil ou la réception du son. Les essais avec les moyens effectifs restent nécessaires. La sonorisation d’une captation mérite notamment son contrôle propre.
Après la répétition, datez la version et signalez les lignes modifiées aux postes concernés. Un nouveau document déposé sans annonce ne garantit pas que tout le monde a remplacé le précédent.
Tester une modification sans perdre la logique

Pour l’exercice, reprenez les quatre séquences et faites durer l’accueil deux minutes. Recalculez les débuts indicatifs, puis simulez un film indisponible. Décidez qui annonce le changement, quelle image reste visible et comment la présentation peut reprendre.
Gardez le choix éditorial distinct du dépannage technique. La régie ne doit pas inventer une nouvelle annonce au nom de l’organisateur sans coordination. Un conducteur utile rend les décisions visibles, y compris lorsqu’il faut attendre une confirmation.
Faites relire une page à quelqu’un qui n’a pas participé à sa rédaction. Il doit retrouver lancement, reprise et personne responsable sans vous demander une explication à chaque ligne. Réduisez le texte inutile, mais gardez les mots qui empêchent une confusion.
Votre livrable comprend la conduite versionnée, les noms de sources, les questions ouvertes et les replis répétés. Vous pourrez ensuite contrôler les fichiers remis après l’événement avec les mêmes références, plutôt que de reconstituer les changements de mémoire.
Pour approfondir : préparer l’habillage du live, organiser la répétition technique.
Pour approfondir : préserver la parole en conférence, éprouver les caméras avant le direct, organiser les écrans de scène, couvrir un spectacle sans perdre l’action.
Pour approfondir : préparer un direct que la chaîne peut soutenir, éprouver la reprise du direct, faire dialoguer scène et invité distant, préparer un direct plus accessible.



