Son

Mixer le son d'un film ou d'une vidéo

Mixer le son d’un film consiste à organiser les voix, les ambiances, les effets et la musique selon leur rôle dans chaque moment.

Mixer le son d’un film consiste à organiser les voix, les ambiances, les effets et la musique selon leur rôle dans chaque moment. Commencez par une édition propre et une hiérarchie d’écoute, puis ajoutez les traitements nécessaires. Les niveaux de livraison viennent du cahier des charges de la destination, pas d’une cible universelle pour toutes les vidéos.

Dans une scène dialoguée, l’intelligibilité est souvent prioritaire. Un film peut aussi choisir de masquer une parole ou de déplacer l’attention : cette décision doit être voulue et perceptible dans son contexte.

Organiser la session et ses sorties

Pistes et outils de mixage dans la page Fairlight de DaVinci Resolve 19.

Séparez les familles de sons sur des pistes nommées : dialogues, ambiances, effets, musique, selon les besoins. Des bus permettent de les regrouper pour le contrôle et la livraison. Un stem est un export séparé d’une famille ou d’un ensemble convenu ; avoir nommé des pistes ne signifie pas que les stems ont été correctement livrés.

Avant de travailler, confirmez le format, la durée, la version image de référence et les sorties attendues. Une version internationale sans dialogues peut demander des éléments supplémentaires : elle n’est pas toujours obtenue en coupant simplement une piste.

Gardez un repère de synchronisation et identifiez les changements d’image. Si le montage évolue, la version de mixage doit pouvoir être rapprochée de la nouvelle référence.

Éditer les dialogues avant d’empiler les effets

Montage de pistes, d’effets et de titres dans DaVinci Resolve 19.

Commencez par les choix de prises, les coupes, les fondus et les écarts de gain. Raccordez les changements d’ambiance qui ne sont pas voulus. Un mot abîmé peut parfois être remplacé avec une autre prise ; un traitement global ne doit pas être la première réponse à tous les problèmes.

Identifiez ensuite le défaut précis : bruit ponctuel, souffle, résonance, plosive ou dynamique trop irrégulière. Traitez ce qui gêne réellement la scène. Comparez avant et après à niveau proche pour entendre les dégradations : voix métallique, syllabes coupées, bruit qui pompe ou fond qui disparaît brutalement.

L’égalisation et la compression ne possèdent pas de réglage valable pour toutes les voix. Commencez avec une modification limitée et écoutez dans le montage complet, pas seulement en solo.

Construire un espace sonore continu

Travail du son et de l’image en postproduction devant des écrans.

Les ambiances relient les prises et donnent des informations de lieu, de distance et d’activité. Elles peuvent aussi changer pour signaler une rupture. Faites la différence entre une transition voulue et un trou accidentel au milieu d’une réplique.

Les bruitages et effets doivent être placés selon leur perspective. Un pas proche et un pas au fond d’un couloir n’ont pas nécessairement le même niveau ni la même présence. Le son direct contient déjà une acoustique : ajouter la même réverbération partout peut rendre l’espace moins lisible.

Exemple fictif : une porte se ferme et isole une personne d’une fête. Vous pouvez faire évoluer le niveau et le timbre de l’ambiance extérieure, sans ajouter un commentaire musical. Le mixage participe alors directement au point de vue.

Donner à la musique sa juste place

Deux microphones, un casque et un enregistreur préparés sur une table.

Écoutez d’abord la scène sans musique. Vous saurez mieux ce qu’elle apporte ensuite : rythme, tension, contraste ou continuité. Si elle couvre une information importante, essayez une modification d’arrangement, de niveau ou de placement avant de traiter systématiquement la voix davantage.

L’automation permet de faire évoluer les niveaux selon la phrase. Le ducking peut aider dans certains formats, mais ses attaques et relâchements doivent être écoutés : un mouvement automatique trop visible peut distraire. La musique n’a pas à remonter dans chaque silence si le silence porte la scène.

Vérifiez les droits de la musique et les usages autorisés. Une ressource accessible en téléchargement n’est pas automatiquement utilisable dans tous les territoires et toutes les exploitations.

Contrôler la sonie et les vrais pics selon la destination

Paramètres d’export et liste de rendus dans la page Deliver de DaVinci Resolve 19.

La sonie intégrée décrit un niveau moyen perceptif sur un programme, tandis que les vrais pics concernent ses crêtes reconstruites. Ces mesures répondent à des questions différentes. Elles complètent l’écoute et ne jugent pas à elles seules l’équilibre du mixage.

La recommandation EBU R 128 indique une référence de −23 LUFS pour les programmes auxquels elle s’applique. Les plateformes web, diffuseurs et salles peuvent demander d’autres paramètres. Une valeur souvent citée en ligne ne devient pas pour autant une norme générale.

Demandez le cahier des charges et contrôlez le fichier exporté, avec ses canaux et sa synchronisation. Évitez de transformer une mesure de livraison en recette d’intensité pour chaque scène.

Vérifier sur plusieurs écoutes

Prise de notes et écoute au casque dans un espace d’enregistrement.

Écoutez à un niveau de travail stable, puis vérifiez à niveau plus faible et sur d’autres systèmes adaptés à la destination. Une voix compréhensible uniquement sur votre casque mérite d’être examinée. Contrôlez aussi la compatibilité mono lorsque le mode de diffusion le justifie.

Avant livraison, notez la version, le format et les canaux de chaque fichier. La formation MIXER LE SON AVEC FAIRLIGHT approfondit ces opérations. Si les difficultés viennent de la captation, revenez au guide du son direct pour préparer le prochain tournage.