Pour enregistrer une guitare, préparez d’abord le son que l’instrument produit dans la pièce, puis le trajet jusqu’au fichier. Une guitare acoustique devant un micro, une guitare électrique captée sur son ampli et une sortie branchée dans une interface constituent des dispositifs différents. Le bon placement dépend de ce que vous souhaitez entendre.
Avec un micro et une courte phrase musicale, vous pouvez déjà comparer des positions et choisir une prise expliquée. Ce guide propose un exercice d’écoute, sans essai de matériel prétendument effectué. L’objectif est de retrouver le corps, l’attaque et la place de l’instrument dans votre projet, pas d’accumuler immédiatement des pistes.
Définir la prise et préparer l’instrument

Demandez au musicien de jouer le passage réellement prévu, avec ses nuances et ses attaques. Une suite d’accords calme ne permet pas de régler une partie qui sera ensuite frappée avec beaucoup plus d’énergie. Convenez du début, de la fin et de ce qui devra rester audible.
Écoutez sans microphone : accordage, bruits de chaise, vibrations, pièce et sources extérieures. Vous pouvez déplacer un siège ou retirer un objet qui résonne, avec l’accord des personnes concernées. Résoudre une gêne à la source évite de confier tout le travail à un traitement ultérieur.
Précisez aussi la place de la guitare dans le projet : seule, avec une voix, dans un groupe ou synchronisée à une image. Si deux personnes jouent ensemble, un microphone peut entendre les deux ; décidez si cette relation est souhaitée avant de promettre une séparation parfaite au montage.
Gardez une fiche courte : instrument, interprète, pièce, intention et phrase témoin. Le guide des prises de son de tournage complète les habitudes de préparation et d’écoute, sans remplacer les décisions propres à cet instrument.
Chercher un équilibre sur une guitare acoustique
La rosace n’est pas l’unique endroit d’où vient le son. Commencez par écouter le corps et l’articulation des notes depuis plusieurs positions accessibles. Installez ensuite le micro sans toucher l’instrument ni gêner le bras ou le mouvement naturel du musicien.
Le guide Shure consacré aux micros de guitare rappelle l’importance du placement avec un seul microphone. Prenez une zone proche de la jonction manche-corps comme point de départ possible, puis déplacez l’orientation vers la caisse ou le manche selon ce que vous cherchez. Ce départ ne constitue pas une distance obligatoire.
Enregistrez une phrase avant de bouger. Distinguez une attaque trop présente, un grave envahissant et une pièce trop audible : ces observations n’appellent pas nécessairement le même déplacement. Une guitare classique et une guitare jouée au médiator peuvent demander des priorités différentes.
La présentation de Yamaha sur la guitare acoustique situe également le compromis entre instrument et environnement. Votre décision doit venir du fichier écouté et de son usage, sans transformer une position publiée en garantie de son naturel.
Séparer ampli, sortie directe et branchements

Pour une guitare électrique, identifiez ce qui fabrique le timbre recherché : instrument, effets, ampli, haut-parleur et pièce. Si le son désiré vient du haut-parleur, une prise directe ne l’enregistre pas automatiquement de la même façon. Décrivez le chemin avant de connecter les câbles.
Une entrée instrument adaptée à une guitare n’est pas une sortie pour haut-parleur. Ne branchez jamais une sortie de puissance d’ampli dans une entrée ordinaire pour tenter de récupérer ce son. Un tel parcours demande du matériel spécifiquement prévu et les instructions du fabricant ; en cas de doute, gardez une captation au microphone ou demandez l’aide compétente.
Sur l’ampli, commencez à un volume maîtrisé et convenu. Explorez l’orientation du micro face au haut-parleur, puis réécoutez. La documentation technique de Shure donne un contexte de placement, pas un réglage imposé à tous les baffles.
Si vous enregistrez un signal direct et un micro, nommez-les séparément. Deux trajets du même jeu peuvent interagir au mélange ; conserver les pistes n’oblige pas à les additionner sans contrôle.

RÉUSSIR SES PRISES DE SON
Préparez et enregistrez un son direct intelligible, adapté aux conditions du tournage.
Découvrir la formationRégler l’enregistrement et l’écoute avant la prise

Vérifiez micro, câble, entrée, alimentation éventuellement nécessaire et piste réellement armée. Faites jouer le passage le plus énergique prévu, puis adaptez le niveau en gardant une marge. Le vumètre de la piste et celui de l’entrée ne décrivent pas toujours le même endroit de la chaîne.
Écoutez aussi les silences : souffle, ronflement, frottement et bruit du casque peuvent devenir gênants entre deux notes. Ne poussez pas l’écoute pour compenser une prise faible sans examiner son origine. Une écoute confortable et un signal contrôlé doivent rester deux réglages distincts.
Si le musicien suit un guide au casque, vérifiez ce qu’il entend et ce qui fuit dans le microphone. Conservez un repère de départ lorsque la prise doit rejoindre une image ou d’autres instruments. Le guide de synchronisation aide à préparer cette relation.
Avec deux micros, écoutez chaque piste puis leur somme, y compris en mono. Une modification de timbre dans la somme demande un examen du placement et des délais ; une inversion de polarité n’est pas une réparation automatique de toutes les relations entre les microphones.
Réaliser une comparaison de trois positions

Voici un exercice à réaliser avec un musicien volontaire. Préparez une phrase comprenant notes tenues, accords et silence final. Pour la comparaison, gardez jeu, instrument et niveau d’écoute aussi stables que possible ; notez les variations que vous ne pouvez pas éliminer.
| Variante de l’exercice acoustique | Changement préparé | Ce que vous écoutez |
|---|---|---|
| A | Position de départ documentée | Équilibre général et bruits présents |
| B | Orientation davantage vers le manche | Articulation et rapport au corps |
| C | Position un peu plus éloignée | Instrument entier et place de la pièce |
Enregistrez sous trois noms distincts. Ne déplacez pas le micro pendant que vous comparez mentalement un souvenir : rouvrez les fichiers et passez de l’un à l’autre. Une différence de jeu peut compter autant que celle du placement ; conservez-la comme limite de l’exercice.
Pour une guitare électrique, remplacez ces variantes par trois orientations ou distances sûres devant le même ampli. Ne changez pas en même temps tous ses réglages. Retenez une version et une réserve, par exemple un bruit de doigt toléré ou une résonance à reprendre avant la prochaine séance.
Choisir une prise et transmettre les bonnes informations

Écoutez la phrase complète dans son contexte musical ou filmique. Une guitare agréable seule peut masquer une voix ; une prise plus discrète peut mieux accompagner le récit. Testez la relation avec les autres éléments avant de corriger uniquement son timbre isolé.
Conservez les originaux, les prises retenues et la fiche de dispositif. Indiquez les pistes directes, les micros et les éventuels traitements enregistrés. Un effet déjà inscrit dans le fichier ne se retire pas comme un réglage ajouté ensuite dans le projet.
Votre première réussite est un choix que vous pouvez refaire et expliquer. Le guide du mixage d’une scène prolonge l’écoute de l’ensemble. Pour approfondir, choisissez une seule question : réduire une résonance, accompagner une voix ou stabiliser la position pendant le jeu. Cette priorité rendra la prochaine prise plus instructive.
Pour aller plus loin.
Trois formations pour approfondir votre pratique.

MIXER LE SON AVEC FAIRLIGHT
Travaillez le montage et le mixage audio de votre film dans Fairlight.
Découvrir la formation
RÉALISER UN CLIP VIDÉO MUSICAL
Donnez une forme visuelle à une chanson, de l’intention au clip livré.
Découvrir la formation
L’ÉVÉNEMENTIEL AUDIOVISUEL
Préparez une captation et les échanges entre tournage, régie et diffusion en direct.
Découvrir la formation


