Écriture

Pitcher un film clairement

Logline, synopsis, note d'intention et pitch oral : comment présenter un film clairement sans le réduire, et donner envie.

Pitcher, ce n’est pas résumer, c’est donner envie. Un pitch ne déballe pas des faits et des chiffres comme un entretien d’embauche, il vise l’émotion, parce que c’est pour ressentir quelque chose qu’on va voir un film. C’est avant tout un exercice oral : le fameux pitch d’ascenseur, entre trente secondes et deux minutes, qu’il faut écrire pour mieux le réciter. Le but n’est pas de tout raconter, mais d’intriguer assez pour qu’on vous réclame le scénario.

Commencer par la promesse

Avant l’intrigue, posez la promesse : le genre et l’émotion que vous proposez. Dites qui vous êtes et comment l’idée est née, pourquoi cette histoire compte pour vous, puis confirmez le genre dès la phrase suivante. Un bon pitch est original (même un sujet banal peut être traité de façon extraordinaire), universel (fédérateur, donc rentable pour un producteur) et fait rêver : celui qui l’écoute doit pouvoir se projeter et entrevoir toutes les possibilités de l’histoire.

Formuler la logline

La logline est la colonne vertébrale de votre pitch : une seule phrase qui condense le protagoniste, son désir, l’obstacle et l’enjeu. Elle s’inscrit dans une chaîne de documents que vous construisez dans l’ordre : la tagline (l’accroche), la logline (l’histoire en une phrase), le synopsis (l’histoire en un paragraphe), puis le traitement et le séquencier. Travaillez la logline jusqu’à ce qu’elle tienne debout seule : si vous n’y arrivez pas en une phrase, c’est que votre conflit central n’est pas encore au net.

Adapter au destinataire

Selon qui vous écoute, vous n’ouvrez pas la même porte. À un producteur, glissez des références cinématographiques, des films à succès qui illustrent vite votre univers : le pitch des Dents de la mer tient en une formule, « un film de requin qui rencontre Moby Dick ». Ajustez le niveau de détail à votre interlocuteur, et terminez toujours par un appel à l’action clair : une réunion, l’envoi du scénario, un cliffhanger. Vous choisissez, mais dites-le nettement, sinon votre interlocuteur ne saura pas quoi faire de l’envie que vous avez créée.

Préserver le mystère

Pitcher n’est pas tout dévoiler. Donnez la situation, le conflit, l’enjeu, et arrêtez-vous au seuil : une question laissée ouverte travaille pour vous bien après le rendez-vous. Chaque mot compte, parce que vous devez faire ressentir en deux minutes un univers et des personnages écrits sur une centaine de pages. Ciselez : tous les mots doivent avoir un sens, le rythme doit rester fluide, et le tout doit sembler naturel dans votre bouche, puisque le pitch se récite avant de s’écrire.

Préparer la suite

Un pitch qui marche débouche sur une demande : ayez vos documents prêts. Le plus stratégique est la note d’intention (ou note de réalisation), car un producteur lit rarement le scénario en entier : si le synopsis et la note d’intention lui tapent dans l’œil, c’est gagné. Tenez-la sur une page : une première phrase éclair, un paragraphe sur le thème (universel et actuel), un sur vos personnages et leur arc, un sur votre motivation et vos références, puis un appel à l’action. Écrivez-la dans la tonalité de votre film, et signez-la.

Checklist rapide

Gratuit
Aperçu du Kit de Démarrage L'INDUSTRIE Gratuit

Le Kit de Démarrage

Accédez au calculateur de tarifs, au plan pour faire votre film, à la liste des courses, à +600 films à voir et à un cours offert chaque samedi.

Obtenir le kit gratuitement

Ce que les formations approfondissent

La Machine à Écrire

La Machine à Écrire

Le parcours d'écriture permet de clarifier le concept, le personnage, la tension, la structure et la réécriture, sans confondre une bonne idée avec un scénario déjà prêt. La formation prolonge ce sujet avec « Comment écrire un scénario que tout le monde s'arrache !? », pour travailler ce point dans un cadre plus guidé.

Voir la formation

Elliot Huescar est réalisateur et fondateur de L’INDUSTRIE. Il a formé plusieurs milliers de cinéastes à l’écriture, la réalisation, la production, l’image, le son, la postproduction et la distribution.